The Drums passent la troisième

Plus de quatre ans après des débuts en fanfare, les New Yorkais The Drums publient un troisième album ambitieux. Autrefois, petits maîtres dans l’art de la chanson pop efficace et mélancolique venue en droite ligne des années 1980, le duo bouscule aujourd’hui l’équilibre entre les rythmes et les instruments. Le discret claviériste Jacob Graham revient sur la conception d’« Encyclopedia ».

Que s’est-t-il passé depuis la sortie de Portamento, il y a trois ans ?

On avait tous besoin de faire une pause. En deux ans, nous avons publié un EP et deux albums, tourné presque sans arrêt, à tel point que « Portamento » a quasiment été enregistré sur la route. Tout ça était incroyable mais on savait que si on voulait publier un autre album, alors il nous faudrait prendre notre temps. L’idée était de ne pas faire une simple suite à ce qu’on avait déjà fait mais bel et bien notre chef-d’œuvre. Je ne sais pas si on y est arrivé mais c’était l’objectif et on est plutôt contents du résultat.

Qu’est ce qui a changé dans la conception des chansons ?

Le temps qu’on y consacre : par le passé, il ne nous fallait pas plus d’une ou deux journées pour écrire et enregistrer une chanson. Là, on voulait pouvoir passer un mois entier sur un titre, même si nos capacités sont limitées. Nous ne sommes pas si talentueux. (Sourire) !

Vous avez chacun travaillé sur des projets solo. En quoi cela a-t-il influencé les chansons de The Drums ?

Nous avons l’habitude de travailler ensemble depuis longtemps et, à vrai dire, nous n’avons jamais vraiment collaboré avec d’autres. Aussi, quand The Drums a décollé il y a cinq ans, on s’est dit qu’on était condamnés à travailler ensemble. Mais enregistrer chacun de notre côté nous a permis à la fois de prendre un peu de recul et d’approfondir nos idées et méthodes respectives avant de les réinjecter dans le groupe. Je voulais faire sonner des synthétiseurs analogiques de façon majestueuse et un peu magique, un peu Disney. (Rires) Johnny (Ndlr. Jonathan Pierce, chanteur du groupe) voulait exactement l’inverse : plutôt un disque de rock sale. Et on a fait ce qu’on fait toujours : mélanger nos deux conceptions, même si elles sont par nature diamétralement opposées.

La pochette de l’album vous représente tous les deux installés sur une moitié de canapé… Est-ce une façon de dire qu’il y a de la place pour de nouveaux membres ?

Non. La seule raison pour laquelle Johnny et moi avons enrôlé d’autres musiciens dans l’aventure, c’est pour les concerts. Mais The Drums, ça a toujours été lui et moi à l’écriture et l’enregistrement. Je comprends que des fans soient déçus du départ de ceux qui nous accompagnaient au début mais pour nous la différence n’est pas énorme. L’idée de ce visuel était aussi de susciter un peu de réflexion. On voulait avoir une pochette sur laquelle il est possible de s’arrêter plus de dix secondes, là où tant de groupes aujourd’hui choisissent des images très minimalistes. On voulait quelque chose qui nous ressemble complètement. De même façon, le titre reflète notre volonté de faire des chansons variées et surprenantes. Une encyclopédie regroupe toutes sortes d’informations, elle est constamment mise à jour mais on garde les vieilles informations qui sont toujours justes et pertinentes. Voilà ce qu’on voulait : se renouveler sans se départir du son qui a fait les Drums. Approfondir.

Propos recueillis par Vincent Théval

Découvrir :

The Drums – Magic Mountain

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