Stereophonics : Graffiti On The Train

Pour leur huitième album, Kelly Jones et ses compères on décidé de reprendre les choses en main. À filer depuis vingt ans le même coton ou presque, les Anglais avaient fini par se fatiguer eux-mêmes d’un rock marqué 90’s qui finissait par avoir un succès commercial en demi-teinte. « Graffiti On The Train » serait donc, selon eux, un retour de l’envie et une nouvelle direction sonore.

Le premier point n’est pas discutable tant la méthode et l’instant de création ont subi des transformations par rapport à l’habitude. Cette fois Stereophonics a arrêté sa tournée folle qui dure depuis toujours pour poser ses valises, souffler, réfléchir et créer. Ce que Jones écrivait jusque-là entre deux avions et cinq portes de chambre d’hôtel s’est écrit dans le repos et la patience. Le studio qui avait toujours vu arriver les chansons dans leur version définitive s’est transformé cette fois en laboratoire de recherches, en un lieu de finition d’ébauches et d’idées.

Mais surtout, « Graffiti On The Train » est un album quasi concept partant d’un scénario qui tient la barre tout au long des dix titres : l’histoire d’un jeune homme qui graffe sur les trains que prend sa petite amie tous les jours, correspondance romantique et risquée qui aboutit à sa chute le jour où il veut y inscrire sa demande en mariage. S’ensuivent une fuite et une errance, des sentiments qui bataillent et des questionnements mélodramatiques.

Mais, si les mots servent tous cette même cause, il n’en va pas de même pour la musique. Patchwork de genres, elle visite des rocks différents, passe même par la case blues le temps d’un titre pour enchaîner sur une large pointe d’électro avec le suivant.

Concernant le son cependant, les années 1990 ne sont jamais très loin, que Jones le veuille ou non. Et c’est sa voix fêlée et caméléon qui sauve bien des chansons qui auraient pu sentir un peu la naphtaline et le réchauffé. En restent tout de même de vraies jolies nouveautés pour le groupe, comme les envolées lyriques de Violins And Tambourines, le duo salé-sucré Kelly Jones/Jakki Healy pour Take Me, ou le très réussi In A Moment.

Marjorie Risacher

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