Overhead : Death By Monkeys

Voilà huit ans que l’on espérait ce retour sans savoir s’il aurait lieu un jour. Il y a bien eu, en 2008, « The Fugitive Kind », le projet solo jubilatoire de Nicolas Leroux, mais on n’osait présager qu’il reviendrait avec Overhead. Même si, à bien y songer, cela ne changeait pas grand chose : démarré avec un premier album versé jazz-rock il y a dix ans, puis par un deuxième plus pop-rock deux ans plus tard, ce groupe changeait à chaque fois ses membres au choix de ce leader touche à tout et surdoué. Avant tout Overhead c’est lui.

Aujourd’hui encore « Death By Monkeys » appelle d’autres noms autour de Leroux, à savoir les non moins excellents Benoît Guivarch du groupe Carp et Antoine Pasqualini de Arch Woodmann. Mais c’est la tête pensante qui a tout fait : l’écriture, l’enregistrement, le mixage, la production. Enfermé dans son studio au vert de la campagne et loin de toutes les pressions commerciales ou des modes parisiennes, il a élaboré avec un perfectionnisme touchant l’obsession onze titres de haut vol.

Cette fois le clou du rock inde, mâtiné de pop est allègrement enfoncé. À la fois modernes et allaitées au sein des années 1990, les chansons sont denses, complexes, d’une minutie où le hasard n’a eu aucune place. Sombre et terriblement intelligent « Death By Monkeys » aura sûrement le tort de ne pas être abordable par le « tout-entendant » de passage. Une exigence dont la production impeccable ne laisse qu’un regret cinglant quand on sait que Nicolas Leroux possède l’une des plus belles voix masculines de France : la noyer et atténuer son incroyable valeur. Mais malgré cela le résultat est là, « Death By Monkeys » est certainement l’une des sorties les plus brillantes de cet automne dans l’hexagone.

Marjorie Risacher

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