Cold War Kids : Dear Miss Lonelyhearts

Le roman de Nathanael West Miss Lonelyhearts (« Mademoiselle cœurs-brisés » en français) raconte l’histoire d’un journaliste qui tient une chronique en se faisant passer pour une femme répondant au courrier des lecteurs désespérés. Et dans le quatrième album de Cold War Kids, il s’agit bien de cela : d’amours déchirées, de solitude et de doutes. Mais si les thèmes préférés du groupe californien restent inchangés, il n’en va pas de même pour le reste.

Le quatuor s’adjoint désormais les services de Dann Galucci, ancien guitariste de Modest Mouse et sa présence bienheureuse a dû leur porter chance pour ce retour réussi. Bien sûr, les Californiens ne sont toujours pas clairs quant à leur identité musicale, se promenant allègrement d’un titre à l’autre en traversant les frontières des genres et des périodes. Mais cette fois le grand écart est immense et assume être le charme principal de l’album. Des sonorités pop aux incisives de l’indé, de la présence électro à celle de la soul, on se promène au gré des années 1950 ou 1960 en passant par les cases des 80’s et 90’s pour revenir aux sons d’aujourd’hui par touches ingénieuses. Un patchwork pas si insensé quand on tient la voix décidément capable de tout de Nathan Willet d’une oreille, et la batterie décidément précise et belle de Matt Aveiro de l’autre. Difficile d’ailleurs de lâcher ces deux ingrédients tant ils sont rehausseurs de goût. Il y a là de quoi redonner enfin le sourire aux déçus des deux précédents albums, Miss Lonelyhearts aura donc cette fois réussi sa fonction de consolatrice.

Marjorie Risacher

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