Woodkid vs Kavinsky : le match des extrêmes !

Kavinsky : Outrun

C’est qui lui ?

Vincent Belorgey, de son vrai nom, s’est fait connaître en 2006 avec le maxi Testarossa Autodrive, single d’électro pompier tout droit sorti d’un épisode de K2000 (feuilleton culte des années 1980). Il remixe ensuite ses amis Mr Oizo, M.I.A, Sébastien Tellier et surtout SebastiAn. En 2010 c’est le jackpot mondial avec Nightcall, produit par Guy Manuel De Homem Christo (un des deux robots à tête de chien) qui ouvre le film Drive.

Notez que Kavinsky fait aussi l’acteur dans des films (très alternatifs) comme Aaltra ou Steak.

C’est quoi son album ?

Outrun est un condensé de tous les clichés subis par ceux qui avaient 20 ans dans les années 1980 et les ont détestés : blouson teddy, grosse voiture hyper customisée, synthétiseur de génériques (Platine 45, Albator) et surtout énormes influences du groupe Europe (The final Countdown) et Tom Cruise (époque Top Gun). Ceux ont moins de 20 ans adorent cette électro pas prise de tête mais plus subtile qu’elle n’y parait. Unité de son irréprochable, mélodie inoffensive mais accrocheuse et packaging en parfaite adéquation avec la musique. Question marketing c’est parfait !

Les Daft Punk doivent ils trembler ?

Sachant que Kavinsky a fait les premières parties de la tournée mondiale des Daft, il a pu voir de (très) près travailler le duo, sachant que Guy Man a produit Nightcall et que c’est l’un des meilleurs titres de l’album, sachant enfin que le prochain album des Daft Punk sera funky et que Kavinsky en est resté à Discovery (2001), les Daft ont encore dix ans d’avance.

Woodkid : The Golden Age

C’est qui lui ?

Yoann Lemoine est le barbu le plus hype du moment. Il s’est d’abord fait connaître en tant que réalisateur de clip, notamment pour Lana del Rey, Moby ou Rihanna mais aussi Katy Perry. Parallèlement à cette carrière, il produit son premier maxi en 2011 Iron. Celui-ci servira de musique de pub pour le jeu Assassin’s Creed : révélation, le Lyonnais ayant travaillé sur plusieurs jeux vidéo. Parcours sans faute pour ce trentenaire qui gagne à peu près toutes les récompenses pour ses clips et côtoie les plus beaux mannequins de la planète.

Bref, vous et moi ne faisons pas parti du même monde que lui. Il y a quelques jours, son premier album était annoncé comme la chose la plus innovatrice depuis l’invention du téléphone sans fil !

C’est quoi son album ?

Un opéra cosmique pour amoureux de la détresse ! Quatorze titres baroques (c’est un euphémisme !) ou piano, orchestre symphonique et voix profonde à la Anthony Johnson se mélangent avec une ambition affichée : réinventer la pop ! Un album de filles pour les uns, un album sensible selon les autres… Si les orchestrations sont assez sublimes, les mélodies sont inégales. Un chou à la crème ça va, quatorze on risque l’indigestion. Mais peut-on reprocher à un artiste sa mégalomanie ?

Alors, les Daft Punk doivent-ils trembler ?

Avec un pied dans l’image et l’autre dans la musique, Woodkid suit les traces de ses glorieux ainés (Electroma le film réalisé par les Daft Punk est sorti en 2006), Woodkid a donc 7 ans de retard. Là où les Daft enflamme les salles à grand coup de kick et de basses, Woodkid choisit le côté émotionnel avec un grand orchestre classique. Woodkid ce serait plutôt l’after d’un live d’un Daft.

Bilan

Coté musique, la relève « Daft Punkienne » viendra certainement de Kavinsky, quand il aura dépassé les clichés 80’s et prendra un peu plus de risques.

Coté image, et on connaît la maîtrise absolue des vétérans de la french touch, la balance penchera du côté Woodkid.

Attendons encore quelques semaines pour voir si les Daft Punk radotent ou possèdent encore une longueur d’avance…

Willy Richert

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