Von D. Dubstep made in France

L’histoire de Von D est révélatrice de l’état d’esprit du dubstep. Jeune producteur français basé dans la banlieue, Von D a été l’un des premiers DJ hexagonal à être reconnu en Angleterre. Retours sur le parcours extraordinaire d’un banlieusard ordinaire.

Vous êtes une star du dubstep en Angleterre…

J’ai eu la chance grâce au morceau Show me, mélange de dubstep et de R&B, d’être joué par la grande radio londonienne Rinse FM. À partir de là, tout a décollé. Skream a voulu le remixer, le titre a été compilé sur de gros labels comme Soul Jazz et j’ai été invité à mixer sur les radios anglaises. Et aujourd’hui j’ai des connexions avec des artistes tels que Dillinja ou Lemon D, mes idoles quand je mixais de la drum’n bass. Tout ça à cause d’un track produit dans ma chambre en deux jours à Cergy Pontoise. Aujourd’hui j’en vis. J’ai sorti vingt-cinq maxis en l’espace de trois ans. À chaque fois mes titres étaient pris par les labels sans qu’on m’impose quoi que ce soit ! J’ai évolué avec la liberté inhérente au dubstep !

Vous qui avez connu le début de la scène Dubstep au cœur même de Londres, là où tout est parti, qu’est ce qui a changé avec le succès et l’arrivée de l’argent ?

Étonnamment pas grand-chose. Les gens sont restés les mêmes. Comme personne n’imaginait l’explosion du dubstep, tout le monde est resté très zen. Et comme tous les musiciens arrivent à vivre de leur art, il n’y a pas de jalousie. On continue à collaborer ensemble. Un exemple. Chaque fois que je me rends chez un DJ anglais, je me sens chez moi : et pour cause, c’est toujours la maman des musiciens qui m’ouvre, et le son se fait dans la chambre familiale. Si tu regardes nos passeports, ils ont des tampons de tous les pays du monde mais on revient toujours chez papa et maman ! Le public n’imagine pas ça du tout !

Comment expliquer cela ?

Les stars anglaises du dubstep ont débuté très jeune, vers 15 ou 16 ans. Même s’ils touchent beaucoup d’argent, ils continuent à vivre chez leurs parents. Ils travaillent toujours sur leur vieux PC avec Fruity Loops. Un musicien comme Skream pourrait se payer les plus gros studios du monde mais non, l’essence de sa création est là, dans sa chambre ! Ça doit être un signe fort pour les kids qui nous lisent : aujourd’hui tout est possible. Si tu as un bon track et si tu le postes sur les bons réseaux sociaux, tout peut arriver, j’en suis la preuve vivante ! Maintenant attention cela demande beaucoup de travail et de technique de tirer d’un logiciel de musique aussi simple du très bon son.

Propos recueillis par Willy Richert

Les cinq titres cultes de Von D :

Mala : Level 9

Flying Lotus feat Roberta Flack ( Martyn’s Heartbeat mix)

Joker : Tron

Silkie : I sed

Mr Lager : Tell me

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