Vald : « Nqnt 2 »

Le premier album de Vald est un ovni ! Le rappeur d’Aulnay-sous-bois a réussi en quelques morceaux à ringardiser la moitié de la scène hip-hop française. Une plume acérée, des thèmes décalés mais profonds, une production musicale impeccable et un univers à part font de ce jeune homme de 23 ans l’un des artistes les plus excitants à suivre.

Un mot sur votre parcours ?
Un parcours obscur, parcours ténébreux, ennuyeux à mourir. J’ai commencé à écrire parce que je n’avais rien à faire et, de fil en aiguille, des producteurs sont venus me chercher et maintenant on fait de la musique de haut niveau. Mais l’idée reste la même : tuer l’ennui !

À 20 ans, on a des choses à faire quand même !
C’est surement la flemme aussi. Le rap était parfait pour moi, pour tuer l’ennui. Je me suis retrouvé dans des classes où je n’avais rien à faire. Mes premiers écrits datent de mes 17 ans, je connaissais les couplets des autres, je savais les poser. Je me suis dit que je pouvais me lancer avec mes propres textes !

Ça c’est une formule car rien n’est plus difficile qu’écrire !
Non, il y a beaucoup plus compliqué comme traverser tout l’Occident pour venir en France ! Ou changer des fenêtres, ou travailler dans le bâtiment. C’est moins compliqué qu’on ne le croit et ça paye beaucoup mieux !

Comment vous le vivez justement ce succès et le fait de devenir un gros vendeur !
C’est vrai que je commence à en vivre, tout s’enchaîne bien car je n’ai rien changé depuis le début et maintenant ça marche. C’est un peu comme si l’univers me disait que j’avais raison !

Quels sont les premiers rappeurs qui vous ont marqué ?
Kery James sur qui je suis tombé par hasard, après j’aime beaucoup Tandem et aussi les couplets de Sexion d’Assaut, surtout leurs premiers maxis avant « L’école des points vitaux », tout le monde connaissait ces titres. J’assume complètement !

Sur votre album, derrière votre côté un peu barré et psychédélique, vous racontez toujours une histoire…
Il faut toujours raconter une histoire même si on ne raconte rien. Il faut toujours une forme qui donne du sens. J’attaque souvent les sujets avec ironie, de côté. À l’époque d’IAM ou de NTM, il y avait un vrai sens à dénoncer des choses au premier degré. Aujourd’hui ce serait idiot. Le rap est mature et il faut se démarquer sinon on est vite étouffé vu le nombre de rappeurs. Il faut être intelligent et trouver de nouvelles formes pour se démarquer. Pour Urbanisme, par exemple, dès la première rime je savais que ce serait un vieux qui parlerait de son quartier et pour le second couplet il fallait que ce soit un jeune qui donne sa vision. C’est un système de domino en fait ! En réalité tout cela est assez spontané : il faut moins réfléchir que sentir, je crois !

Y a t-il des sujets tabous dans le rap ?
C’est la richesse du hip-hop que de pouvoir tout aborder. On peut dire tout et n’importe quoi mais il faut bien le tourner !

Des titres comme Quidam et Urbanisme et la manière dont vous les interprétez font parfois penser à Jacques Brel !
J’adore Brel. C’est le plus grand rappeur de tous les temps ! Je connais peu de choses mais lui je connais bien. Il dégage une telle sincérité ! Dès qu’il ouvre la bouche, ça donne des frissons. Il a un tel niveau d’écriture c’est ouf ! Ma manière d’incarner les titres, je l’ai prise chez lui, surtout sa gestuelle !

Il y a un vrai travail sur les clips. L’image est devenue incontournable du hip-hop ?
Une fois qu’on a un titre, écrit sans penser à rien, il faut le mettre en image : les deux objectifs sont l’originalité et la sincérité. On fait avec le budget que l’on a. Bien sûr même si on est signé chez Universal, c’est quand même pas Hollywood ! Jusqu’à présent on avait rien prouvé pour décrocher de gros budgets. Là, ça va peut être changer !

Propos recueillis par Willy Richert

Découvrir :

Vald – Urbanisme – 03.57 PM

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