Tame Impala : Lonerism

Le premier single sorti il y a quelques mois était trompeur. « Elephant » laissait supposer à son écoute que le deuxième album du groupe australien changeait les horizons proposés par leur « Innerspeaker » de 2010. Et ce malgré le tonitruant cri au génie que le monde musical avait alors poussé.

Pourtant, le titre bien nommé à la puissance lourde et aux rythmes de mastodonte qui penche vers un rock plus classique, est une exception. Pour le reste, Tame Impala broute dans le champ qu’il connaît sur le bout des sabots et maîtrise avec grâce. Jusqu’à cette fin étrange faite de vent grinçant dans un micro, de vagues qui se devinent et d’un arrêt de la bande aussi brusque que celui d’un dictaphone.

Rock psychédélique donc, avec frénésie de couches superposées, sinusoïdes vintages et délires à effets désirables. Lonerism est la digne suite des ces jeunes dont l’esprit plongé dans les années 60 et 70 bénéficie des moyens techniques du 21ème siècle. Mais pour être exact, le génie expérimental tient au leader de la formation, Kevin Parker. Il signe tout, de la musique à la production en passant par le chant, les textes, les arrangements.

Épaulé malgré tout pour le mixage par Dave Fridmann (aux manettes déjà avec Mercury Rev, Flaming Lips, Mogwai, Low et tant d’autres), Kevin fabrique une musique de plus en plus ambitieuse et variée. Le psyché et l’expérimental toujours en avant, la solitude toujours en exergue dans les mots, il est un maître d’œuvre appliqué à nous faire voyager de volutes roses et sang en spirales turquoises et noires. D’aucun prétendent d’ailleurs qu’il est ce que John Lennon serait s’il avait 20 ans aujourd’hui. Sans aller jusque là, on peut pourtant songer qu’en l’écoutant les Beatles regretteraient sûrement de ne pas avoir son âge de nos jours.

Marjorie Risacher

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