Salif Keita : « Talé »

À quoi reconnaît-on un artiste, un vrai ? Certainement à la capacité de se renouveler, de prendre des risques et de ne jamais se répéter. Salif Keita, depuis quarante ans fait parti de ces musiciens toujours à l’affût de nouvelles sonorités et surtout de rencontres. « Talé » est sans doute son meilleur album. Le Malien s’est adjoint les services de Philipe Cohen Solal (Gotan Project) qui a apporté sa patte électro. Rencontre avec le griot malien dans les studios de répétitions de Montreuil à quelques jours d’un Olympia événementiel.

Quel était votre ambition avant d’enregistrer « Talé » ?

J’ai à peu près tout fait dans ma carrière mais, cette fois, je voulais faire danser les gens ! On m’a proposé de rencontrer Philippe Cohen Solal, dont je ne connaissais pas le travail, et ça a été immédiatement le coup de foudre. C’est quelqu’un de très rationnel, qui respecte le travail d’autrui mais qui « maquille » ta musique pour l’ouvrir au monde entier.

Le monde des musiques électroniques ne vous était pas inconnu ?

Martin Solveig a remixé Madan pendant la coupe du monde de football puis il y a eu ce phénomène avec Zidane il va marquer. Ça m’a bien plu mais c’étaient des remixes, ce n’est pas vraiment mon travail. Je ne voulais pas faire danser les gens à cette époque. C’est venu après. Cette fois c’est bien moi qui suis à l’origine de tout.

Le mariage de la musique électronique et africaine est ici très subtile. Ce n’est pas juste de l’afro avec un pied et une caisse claire…

On a voulu respecter le public. On ne voulait pas tout détruire mais construire quelque chose de nouveau qui fasse danser. Mais attention, ce n’est pas pour autant qu’on ne raconte pas des choses profondes ; on peut faire danser et réfléchir. Regardez les rappeurs !

Connaissiez vous le morceau Planet claire des B52’s utilisé sur Samfi ?

Non pas du tout ! C’est encore une idée étrange de Philippe. Si vous saviez tout ce qu’il m’a fait ! Il a même trafiqué mes anciens sons de guitare pour les moderniser. Et toujours dans le respect ! Il est incroyable ce gars !

Un mot sur les featurings de l’album…

C’est Philipe qui m’a fait découvrir Roots Manuva et Esperanza Spalding. Quant à Manu Dibango, je le voulais absolument car il me rassure et pour cet album je partais en terre inconnue. Enfin Bobby Mc Ferrin. Lui c’est vraiment un sorcier : on l’a mis devant un micro, il n’avait jamais entendu la mélodie, et il est parti dans une improvisation géniale.

Vous démarrez une tournée bientôt avec un Olympia le 6 février prochain. À quoi peut on s’attendre ?

Ça ne ressemblera pas à un de mes concerts classiques. Il y aura des sonorités électro (NDR : on a croisé dans les studios MO Dj, fondateur du projet « Electronic Marabout »), mais je n’en dirai pas plus. Il y a un proverbe chinois qui dit : »Un regard vaut 1 000 mots. » Donc, venez !

Concert le 6 février à L’Olympia puis tournée dans toute la France.

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