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Révélations RIFFX : Qui êtes-vous Golden Parachute, Pausé et Pitt ?

Lauréats du tremplin RIFFX Delta Festival 2021, les jeunes talents Golden Parachute, Pausé et Pitt ont eu la chance de jouer sur les plages du Prado, lors du premier rassemblement étudiant d’Europe qui a réuni cette année près de 85 000 festivaliers. Les interviews de nos trois Révélations RIFFX du Delta Festival, c’est maintenant !

Bonjour Golden Parachute, Pausé et Pitt. Racontez-nous votre parcours.

Golden Parachute : Bonjour, je suis le Capitaine Bière-Moustache du navire Golden Parachute ! Il faut savoir qu’à la base on n’était que deux, MC Chef de Bord et moi-même. On a commencé la musique avec ce groupe en 2012, je savais à peine jouer de la guitare, on chantait faux, on ne savait pas comment s’enregistrer et on ne savait pas en quoi consistait le démarchage pour trouver des concerts. Une bonne base donc ! On a avancé en se prenant tous les obstacles dans la tronche un par un. On a toujours eu pour priorité d’« enjailler » les gens et c’est sûrement ce qui nous a fait persévérer malgré notre piteux niveau musical. Parce qu’à un moment, quand on a un groupe de musique en face de soi qui joue certes mal, mais se met à renvoyer des rouleaux de PQ préalablement distribués dans le public à l’aide de raquettes de tennis, tout en jouant, les gens passent quand même un bon moment. On adorait faire participer le public, leur offrir des trucs – des plats cuisinés notamment – et leur faire chanter des trucs inhabituels. Sur scène, on s’éclatait et ça a quasiment toujours pris en face. Le jour où on a essayé d’enregistrer notre premier EP, on s’est rendu compte qu’on n’avait pas du tout un niveau convenable musicalement. Ça a été vraiment dur à accepter bien sûr, mais c’est à partir de là qu’on a commencé à bosser sérieusement et à développer l’aspect musical du projet. On était désormais trois, et d’autres musiciens allaient et venaient. Quand on a participé à notre premier tremplin en 2014, on s’est complètement ramassé, c’était pitoyable. Mais on l’a refait 5 ans plus tard avec une plus grosse équipe, du travail, et on l’a gagné fièrement ! En 2018, on a aussi gagné le tremplin des Z’arpètes à Bordeaux, c’est un moment clé pour le groupe, qui nous a permis de jouer sur l’énorme scène du festival Le Festimut sur le campus bordelais ! C’est là qu’on a été repéré par notre boite de production actuelle, UNI-SON de Saintes. C’est en 2019 seulement qu’on a trouvé l’équipage parfait et fixe de 7 musiciens, un technicien son et on commence à travailler avec un technicien lumière. On a réussi à être de plus en plus crédibles et à se placer sur des festivals toujours plus gros, pour finalement arriver sur la scène du Delta Festival ! C’est beau.

Pausé : Bonjour ! Amis d’enfance, nous avons commencé la MAO (ndlr : musique assistée par ordinateur) au lycée mais nous jouons de la musique ensemble depuis le primaire. Nous avons quitté nos jobs respectifs pour nous lancer dans la musique… juste avant le covid ! Frustrés des confinements, le projet Pausé est né : de l’électro plutôt chill inspirée du monde spatial.

Pitt : Je fais de la musique depuis tout jeune, j’ai commencé à chanter vers les 8-10 ans. Et quand je dis chanter, c’est dans ma chambre par-dessus les disques ou la radio (rires). Assez rapidement, je me suis mis à la guitare vers mes 10 ans, avec quelques cours, le temps d’avoir assez d’aisance avec l’instrument pour m’amuser de mon côté. Vers 15 ans, on a monté notre premier groupe avec mes potes de lycée, ça s’appelait BonVoyage. On mélangeait déjà à l’époque plusieurs influences rock, pop et un peu de rap. On a fait nos premières scènes, découvert ensemble la MAO mais ça restait quand même très amateur. On a continué pendant dix ans à faire des petites scènes, à composer ensemble. Le groupe s’est agrandi en un collectif de 8 ou 9 gars, mais il nous manquait un truc crucial : des morceaux proprement enregistrés, diffusables partout. On était trop nombreux sans être vraiment spécialisés dans un domaine particulier, donc on se marchait dessus : tout le monde donnait son avis et le projet n’avançait pas. Je crois que ça m’a frustré et à 25 ans – ayant un assez bon job à coté depuis 2 ans – j’ai eu une prise de conscience en me disant : « Tu fais de la musique depuis que tu es né, c’est ta passion et quand quelqu’un te demande de lui faire écouter quelque chose tu n’as rien sous la main ? ». En fait, j’avais peur à 35 ou 40 ans de regretter de ne pas avoir essayé de vivre mon rêve, de ne pas avoir tenté le truc à fond. Je me suis donc mangé des heures et des heures de tutos YouTube sur la MAO, le mixage, la composition de morceaux sur logiciel, l’enregistrement… tout pour être complètement auto-suffisant sur l’intégralité de la chaine de production d’un morceau. Après quelques mois, j’étais prêt, j’ai quitté mon taff et l’aventure commençait enfin… Malheureusement un mois après mon premier morceau sorti, le covid est arrivé et m’a enfermé pendant 1 an et demi dans ma chambre. Un mal pour un bien peut-être ? J’ai perfectionné mon travail et aujourd’hui grâce à RIFFX, j’ai pu me produire lors du plus gros festival de l’été en France en 2021.

Pouvez-vous présenter votre projet en quelques phrases ?

Golden Parachute : On est un groupe de spectacle ! Oserais-je dire « spectaculaire » ? Golden Parachute est un équipage de pirates mal-aimés, qui partent en mer pour fuir les problèmes, sauf qu’ils partent avec leurs problèmes et ça ne règle rien. C’est la lose. Et nous, la lose on trouve ça touchant. Ce qu’on défend avec Golden Parachute, c’est le fait de se battre même quand rien n’est gagné. Mais, même si le fond est très souvent triste dans nos chansons, le tout reste burlesque, drôle, parce que c’est ça qui compte ! Prendre les difficultés avec le sourire et aller toujours plus loin ! On a des envies folles pour la scène et c’est en bonne voie, bientôt on pourra voler en Jetpack au-dessus du public… j’espère.

Pausé : Photographié pendant sa chute, on peut imaginer qu’un corps ne subit plus la gravité : il est en suspension, libéré de son propre poids, autrement dit, pausé. Un moyen rationnel d’expérimenter ce phénomène est d’entreprendre une excursion dans l’espace. C’est le défi que s’est lancé Pausé, à l’image du clip immersif en 360° de Discovery dans lequel le spectateur se retrouve dans un vaisseau spatial en mouvement. Sur scène nous souhaitons garder un côté live : Théophyle est à la guitare et aux percussions, Hadrien au clavier et au sampler.

Pitt : J’essaye vraiment de réaliser un rêve : réussir à vivre de sa passion. Lorsque j’étais en poste dans mon boulot et que je « préméditais » la naissance de ce projet, je me suis promis de me donner à fond et de tout donner afin de n’avoir aucun regret, peu importe l’issu de cette aventure. C’est un projet très DIY, où la débrouille est le principal fer de lance. C’est aussi un beau mélange de personnes passionnées : n’ayant pas encore les moyens de rémunérer les gens avec qui je bosse sur mon projet, le dénominateur commun est la passion. On travaille en équipe pour ce qui est de la com, l’image les vidéos et le rendu scénique, de mon côté je compose et écrit l’intégralité de mes morceaux. Ma musique est un mélange de rap, chant. En mélangeant plusieurs langues, principalement l’anglais et le français.

Quelles sont vos influences musicales ?

Golden Parachute : Ultra Vomit pour leur capacité en envoyer du son qui déboite, tout en chantant d’énormes conneries. Jack Black dans Tenacious D pour les performances vocales délirantes et la présence scénique. Dubioza Kolektiv pour le mélange très réussi de beatmaking et de vrais instruments. Disney et Steven Spielberg pour la scénographie. Little Big pour le côté « WTF » et le son qui tabasse. Tenacious D encore pour le spectacle s’approchant de la comédie musicale. Les Jeux Olympiques pour la condition physique. Le groupe le plus proche de ce qu’on veut faire est sans nul doute Hoffmaestro, groupe Suédois qui réunit notre amour de l’électro, des flows vocaux, des cuivres, des voix variées, de l’énergie débordante sur scène… Et on adore Jack Black dans Tenacious D aussi.

Pausé : Nous sommes fans d’artistes comme French 79, The Blaze ou Fakear, qui placent également une voix intime sur un beat electro, mais également des artistes plus pop comme Kid Francescoli, Her ou Blow.

Pitt : Je pense être nourri d’influences diverses et variées : rap, pop, rock, soul, tout en assumant ma singularité avec le mélange des flows et des langues : français, anglais et espagnol.

Grâce à RIFFX, vous avez eu la chance de jouer au Delta Festival. C’était comment ? Racontez-nous votre expérience !

Golden Parachute : Cette dinguerie ! C’était osé de nous mettre dans ce festival très orienté électro. On en fait un peu bien sûr, mais clairement on s’attendait à ce que les gens soient surpris. C’est effectivement ce qui s’est passé et en bien ! On a un souvenir d’une fille qui hurlait qu’on était incroyable d’avoir mis tout le public de notre côté alors qu’on était un peu l’OVNI du festoch’. On a eu beaucoup de compliments de la part du public. Les gens étaient trop chauds, trop gentils, trop beaux… Et puis… ce paysage idyllique, la baignade une heure après le concert… On en garde un sacré souvenir !

Pausé : C’était incroyable ! Nous avons en plus joué sur la MainStage (la scène Woodstock), juste avant Danakil et Yuksek. C’était notre première fois sur une scène aussi grande, avec une belle vue en plus ! C’était fou de jouer devant autant de monde, les festivaliers du Delta étaient chauds ! Cela fait plaisir à voir après une longue période sans vie culturelle et festive. Voici une petite vidéo souvenir.

Pitt : C’était fou. Il y a quelques temps j’étais au festival Calvi on the Rocks avec des amis, qui a un peu la même disposition avec des scènes sur la plage. Je crois que je m’étais secrètement juré que je ferais tout pour refaire ça, mais cette fois, de l’autre côté de la scène ! Donc merci RIFFX, parce que grâce à vous, mon rêve se concrétise un peu plus ! Le festival s’est parfaitement bien passé, l’organisation était top, tout le monde très sympa et très accueillant. La scène Colisée est incroyable, pas la plus facile, mais peut-être la meilleure du festival selon moi. Avoir les pieds dans le sable et jouer ses morceaux face à la mer avec un public aussi réceptif, c’est un rêve. J’ai eu en plus la chance d’avoir une bonne partie de mes amis très proches et famille qui ont pu se déplacer pour l’évènement. C’est une journée qui restera profondément gravée dans ma mémoire.

Un mot pour RIFFX ?

Golden Parachute : Un énorme merci de nous avoir permis de faire ça ! On sait désormais que les fans d’électro en maillots de bain sont nos amis.

Pausé : Un grand merci à toute l’équipe, c’était une opportunité folle et on en garde des souvenirs magnifiques ! Cœur sur vous.

Pitt : Merci, parce que dans ce défi d’une vie que je me suis lancé, vous m’êtes d’une aide précieuse.

Que retrouve-t-on dans votre playlist en ce moment ?

Golden Parachute : J’ai en ce moment même Jean B’deboite, le machiniste beatmaker du groupe, dans la pièce à côté qui écoute Chill Bump, vous connaissez ? Ça déboite. Moi perso, mon Spotify est déconcertant, j’ai toujours un peu peur de le laisser en lecture aléatoire en soirée tellement ça part dans tous les sens et je n’assume pas forcément ! C’est moi en grande partie qui propose les bases des compositions et je bosse dur sur la recherche de nouveaux artistes pour me nourrir de toujours plus d’influences. En ce moment j’écoute beaucoup de punk folk, je suis un très grand fan du groupe canadien The Dreadnoughts, ils sont proches du thème de la piraterie, ils ont des structures musicales très intéressantes, des mélodies bien chiadées et ça gueule, mais propre !

Pausé : On adore des artistes comme Triomphe, en particulier son morceau Esprit. Dernièrement on a flashé sur Innerbloom de Rüfüs du Sol et sur Allegri de Thylacine. On a d’ailleurs créé une playlist Pausé sur Spotify !

Pitt : Un peu à l’image de ce que je fais : du rap américain et français. J’ai bien aimé le dernier album de Kid Laroi : F*ck Love 3. C’est mélodieux, kické et super bien produit. Le morceau Born de Layne, Company de 24k Golden et Future, du Dinos avec Demain n’existe plus, Sans signe d’Hamza, No name d’AceQuared, Tired de Jonah Zed, Luidji avec Gisèle et Russ avec Italy. Russ d’ailleurs qui est un gros exemple d’autosuffisance dans la musique et qui m’inspire énormément dans le chemin que je cherche à mener.

C’est quoi la suite pour vous ?

Golden Parachute : On ne va pas tarder à se pencher sur un nouvel album, qui risque d’être musicalement assez surprenant, je pense. En tout cas on a très hâte de s’y mettre ! Mais on va d’abord terminer la tournée. Et vu la scénographie qu’on a, le monde qu’on est dans le minibus et les kilomètres qu’on se farcit, on aimerait bien que la suite pour nous ce soit un Tourbus à étage avec cuisine, salle de jeux, lits et un chauffeur avec une moustache. Mais on va attendre encore un peu, je le sens…

Pausé : Nous allons sortir notre nouveau single Exploration le 17 septembre, et nous travaillons actuellement sur des collaborations avec d’autres artistes. Mais surtout, on veut faire du live et revivre cette super expérience du Delta Festival !

Pitt : De la scène, pour rattraper le temps perdu avec le covid. Et petite exclu pour vous RIFFX, je travaille sur mon premier projet qui se présentera sous forme de mixtape ou EP d’ici fin 2021, dans la continuité artistique de ce que j’ai proposé jusqu’à présent. À très vite !