Révélation RIFFX : Qui es-tu Supercherie ?

Lauréat du tremplin RIFFX Le Bon Air, qui s’est transformé en Un Autre Air à la suite des mesures sanitaires liées au Covid-19, Supercherie est un jeune DJ qui est passionné par la musique depuis toujours. Enfant des années 90, c’est forcément dans cette période qu’il trouve les pépites qu’il joue lors de nombreuses soirées dans le Sud de la France. Son retour d’expérience après son passage sur la scène d’Un Autre Air, c’est maintenant sur RIFFX.fr !

Comment est née ton envie de faire de la musique ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écouté ou possédé de la musique. Dès que j’ai commencé à avoir de l’argent de poche, je l’ai utilisé pour acheter des CD. Au lycée je passais des heures à chiner du trip hop et du dub. En fait, je n’ai jamais trop arrêté. Toujours au lycée, j’ai commencé à faire pas mal la teuf et, en 2015 je dirais, j’ai rejoint le crew Twenty One Records à Montpellier en tant que bénévole : je collais des affiches, je faisais les entrées etc. C’est à ce moment-là que j’ai aussi commencé à mixer, directement en vinyles. Puis il y a trois ans, j’ai créé le collectif La Cade avec lequel j’évolue maintenant sur Toulon. A trois, on sait exactement ce qu’on veut faire et où on va.

Supercherie, d’où vient ce nom d’artiste ?

Au début j’avais choisi de m’appeler Supercherry (« Supercerise »). Lors d’une émission radio sur Toulon, l’animateur me taquine : « Mais Supercherry c’est claqué en fait, il faudrait que tu trouves autre chose ». J’ai répondu : « Ouais je n’ai pas trop d’avis sur la question et tout ». J’ai fait un peu le fier et j’ai dit : « Va pour Supercherie ». A l’époque, je jouais beaucoup de garage et ça collait bien au thème, mais finalement comme je joue des sons de plus en plus durs, les gens préfèrent m’appeler Supercherie. Je n’ai jamais vraiment choisi mon blase en fait. J’ai un autre alias, Bastos la Supercherie, pour ma chaîne de digging musical sur YouTube.

Comment décrirais-tu les sets que tu fais en soirée ?

Je joue principalement de la house et de la techno, souvent tirées des années 90 ou alors avec une grosse influence de ces années-là même si ce sont des sons récents. La particularité de mes sets, c’est qu’il y a souvent des grands écarts entre les styles : j’essaie de mêler de la house hyper solaire a de morceaux beaucoup plus raves, culture de la nuit et tout ça.

Il y a un track que tu passes toujours lors de tes sets ?

Il y a des morceaux que je joue vraiment beaucoup, par exemple Fury de Code Industry, c’est un track de progressif trance des années 90. Après ça tourne pas mal, pendant un trimestre on a nos petits kiffs et puis ça change.

Quelles sont tes influences ?

Je suis principalement attiré par la scène anglaise des années 90 mais il faudrait quand même aussi parler de la house de New York City, ou de la musique de Détroit, l’énorme label italien UMM (Underground Music Movement) ou encore le label belge R&S. Tout ça est très années 90 quand même (rires). Ce sont mes grosses influences. C’est ce dans quoi je chine quand je recherche des nouveaux trucs, et ce qui me plait c’est ce qu’on va retrouver dans le dub, dans l’ambient, l’expérimental, le trip hop… J’essaie de trouver le dénominateur commun entre tous ces styles.

Grâce à RIFFX, tu as eu la chance de jouer sur Un Autre Air, la version digitale du Bon Air qui se déroulait à huis clos à la Friche la Belle de Mai à Marseille. C’était comment ?

C’était assez particulier, déjà ça fait vachement plaisir de pouvoir jouer en live après le confinement. C’était super bien organisé, avec une super scéno, une super prise de son… Je remercie les équipes pour la mise en avant des artistes. Un accueil au top quoi !

Pas trop bizarre de ne pas jouer devant un vrai public ?

De toute manière quand je joue, je suis tellement focus qu’en fait je regarde assez peu mon public. C’est un de mes gros défauts, je ne fais pas trop attention à ce qui se passe devant moi. Je ne me laisse pas trop influencer par ce que j’observe. Pour Un Autre Air, il y avait plein d’éclairages, il fallait quand même se concentrer si on voulait distinguer les gens en face de nous : il y avait une vingtaine de personnes entre l’équipe technique, les bénévoles qui nous accueillaient etc. au Cabaret Aléatoire. Il y avait un sentiment de vie, mais comme on était dans une espèce de bulle ce n’était pas impressionnant. Je savais que pas mal de potes prenaient l’apéro devant le live donc j’ai fait un set orienté teuf, assez festif, entre minuit et une heure du matin.

Un rituel avant de monter sur scène ?

Si j’ai le luxe de pouvoir en avoir un, oui ! Mais quand je joue principalement dans les soirées que j’organise, souvent avant de monter sur scène je suis occupé à gérer les entrées, a compter des sous, à gérer quelqu’un qui a trop bu ou trouver quelque chose qui manque (rires). Finalement quand je monte sur scène, je me dis : « Qu’est-ce qui va se passer pendant mon absence ? ». Les autres fois, généralement je ne suis pas du tout sur le dance floor, je ne prends pas la température, je suis complètement en dehors du truc, souvent au bar ou en train de parler à quelqu’un en dehors de la salle. Justement cela me permet de ne pas me laisser influencer par ce qui est en train de se passer   et je peux débarquer avec mon son, sans être trop linéaire. Si on ne sait pas ce qui s’est passé avant, on ne peut pas se laisser influencer. De la même manière, c’est un peu du même niveau que regarder son public ou non quand on joue, une espèce de parti pris qui est lié à l’identité que je veux montrer quand je joue.

Comment as-tu connu RIFFX ?

Le gagnant du tremplin RIFFX Le Bon Air de l’an dernier est un pote à moi : Mael. Cette année avec mon crew La Cade, on avait envie de se positionner sur le festival, avec Certet on a donc participé tous les deux au concours. Le Bon Air, c’est le festival qui nous fait kiffer. J’ai découvert RIFFX grâce à Mael. J’ai vu qu’il y avait le tremplin, que c’était bien mis en place et que c’était simple. Ce n’était pas un tremplin avec uniquement des votes, il y a eu une vraie sélection, ça avait vraiment de la valeur.

En tant qu’artiste, c’est important ce genre de plateforme pour pouvoir s’exprimer et lancer sa carrière ?

Je pense que c’est hyper dur pour quelqu’un qui n’est pas du tout du milieu, qui n’a pas forcément la possibilité de sortir tout le temps. Il faut être clair, la plupart des décisions et des booking se font en passant pas mal de temps en after. Il faut tout le temps sortir, rencontrer les gens, il faut être hyper sociable, hyper souriant… ce qui n’est pas le cas de tout le monde. On est tous comme on est. Ce genre de plateforme permet un peu de s’affranchir de cet aspect hyper social. On est juste là pour montrer le projet tel qu’on l’a décidé, la musique qu’on joue, et c’est justement ça qui fera la différence. Il n’y a pas d’histoire de copinage, de préférence ou d’affinités. C’est hyper important.

C’est quoi la suite pour Supercherie en 2020 ?

On va commencer à reprendre les soirées avec La Cade, ça va être beaucoup d’organisation, voir comment on peut réinventer un peu la fête. Il y aussi le fait de développer le sens de la fête et de la musique électronique à Toulon. Il faut savoir qu’il n’y a pas de soirée qui s’est finie à 6h depuis dix ans… En fait ça n’existe pas. On ne peut pas se coucher tard dans cette ville, c’est pas possible. C’est vraiment notre cheval de bataille avec notre asso, quitte à y perdre des plumes, on mène beaucoup de combats par rapport à ça dans la ville. Supercherie en 2020, ça va surtout être l’organisation de soirées, et jouer bien sûr.

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