Orange Blossom. Une histoire de musique

Après neuf ans d’absence Orange Blossom débarque sans prévenir avec un album étonnant et intense au doux nom de Under The Shade Of Violets. Les Nantais offrent un voyage des plus étonnants qui commence comme une symphonie classique, termine dans les percussions d’Amérique du Sud en passant par l’Afrique, l’électronique, l’Europe de l’Est, la musique traditionnelle et le rock. Un cocktail étonnant et détonnant avec pour fil rouge la chanteuse égyptienne Hend Ahmed qui pose là ce qu’elle maîtrise de ses traditions et se laisse embarquer dans une aventure folle. Bluffant.

On ne pensait plus vous revoir, neuf ans d’absence c’est long…
Pendant ces neufs ans on a construit l’album, on a essayé des chanteuses. On a continué à faire des concerts aussi, on ne s’est jamais arrêté. On a tourné partout, en Russie, aux États-Unis, au Maroc, mais pas en France. C’est pour ça qu’ici on a eu l’impression que l’on n’existait plus. Puis il a fallu trouver une voix. Et enfin on a mis deux ans à faire l’album, presque trois.

À l’écoute on a l’impression que cela a été un travail très méticuleux, que le fignolage de chaque seconde a été pensé.
Pas pensé, mais écouté. Avec minutie. On s’est demandé si chaque seconde était la bonne, était efficace. Au début c’est intellectualisé, c’est dans la tête, mais après il faut le réaliser. Et évidemment au fur et à mesure tu te rends compte que c’est différent de ce que tu avais pensé au départ. Des fois c’est mieux, des fois c’est moins bien.

Vous mélangez les origines et les genres sans frontières. Vous ne vous posez jamais d’interdits ?
Non, pourquoi ? On en a tellement au quotidien qu’on ne va pas s’en infliger en plus dans la musique. Quand on a une idée, on l’essaye. Après, elle donne naissance à quelque chose ou pas. C’est ça qui prend du temps d’ailleurs, essayer. On a toujours voulu le mélange avec la musique traditionnelle mais c’est vrai qu’on a particulièrement forcé le trait dans cet album. Là où il faut faire attention c’est de rester toujours influencé sans jamais copier. Nous on aime s’approprier ce qui est beau dans chaque musique. Par exemple on ne va pas refaire du rock’n roll ou du punk : d’autres l’ont bien mieux fait que nous. En revanche on va s’intéresser à l’énergie de ces musiques.

On parle évidemment beaucoup de la magnifique voix de la chanteuse principale que vous avez choisie, Hend Ahmed. Mais en réalité il y a multitude de gens sur votre album, combien d’interprètes avez-vous ?
Si on ne se trompe pas on en compte onze en tout. Il y a des Égyptiens comme Hend, des Nubiens, des Marocains, des Français, des Ivoiriens… on aime la matière qu’est la voix, on la traite comme un instrument. En fait, on se fiche des paroles. On travaille vraiment pour que la voix sorte plus fort que le texte. Sinon on considère avoir échoué. Si un auditeur est plongé dans le texte, c’est raté pour nous. Chez nous la voix parle, pas les mots.

Ce qui explique pourquoi vous avez laissé Hend Ahmed, qui ne parle ni français ni anglais, totalement libre de ses paroles. Vous ne saviez vraiment pas de quoi elle parlait ? Et comment gère-t-on cette barrière de langue quand on a un disque à construire ensemble ?
Maintenant on a une idée de ce qu’elle raconte dans ses paroles, mais oui on l’a laissée libre de ses mots. C’est normal. Ce n’était pas grave de ne pas se comprendre et de ne pas pouvoir se parler. Des fois c’est chiant, et des fois c’est un avantage. On ne perd pas de temps, on va directement à l’essentiel quand on n’a pas le langage : c’est bien ou pas, tu aimes ou pas, point barre. Et le langage universel est la musique, c’est finalement celui-là que l’on a parlé avec elle.

Vous promettez que pour le suivant on n’aura pas à attendre neuf ans ?
Non ! Et on a déjà avancé, alors que celui-là vient à peine de sortir. On a déjà six titres. Et on promet une surprise encore. Il sera a priori complètement différent et encore plus fou ! Mais en même temps on ne peut pas savoir : la musique et les idées ont besoin d’être encore triturées, on ne sait pas non plus les rencontres que l’on fera. Mais ça devrait encore plus déchirer la poitrine.

Propos recueillis par Marjorie Risacher

Découvrir :

Concert d’Orange Blossom – Live à FIP du 16 octobre sur FIP Radio

Crédit Photo : © Adrien Selbert

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