Midlake 2.0

Midlake a sorti son quatrième album « Antiphon » en créant une heureuse surprise. En effet, la plupart des parieurs misaient sur une agonie inévitable, le groupe ayant assisté, il y a un an, au départ de son leader et chanteur Tim Smith. Une situation de laquelle rares sont ceux qui en ressortent brillamment. Et pourtant les Texans fournissent un disque inspiré et maîtrisé qui force l’admiration.

Créé en 1999, Midlake était au départ un groupe d’étudiants en musicologie de l’université de Denton. Un quintet de gaillards passionnés de jazz qui avaient décidé de se lancer dans une collaboration qui prendra, au fur et à mesure des années, des teintes bien différentes.

Le premier album (Bamnan And Silvercork, 2004) se taille la part belle dans la pop psychédélique, quand le deuxième (The Trials Of Van Occupanther, 2006) entame un virage rock plus direct et plus dépouillé d’orchestrations magistrales. Le cap changera encore en 2010 avec la sortie de The Courage Of Others, disque qui puise, cette fois, sa direction dans la folk britannique.

Nouveau départ

On attendait donc du quatrième qu’une autre teneur soit encore révélée, mais on était loin d’imaginer quelle tournure elle allait prendre. Et pour cause. Au moment de se remettre au travail les choses se compliquent. En studio la sauce ne prend plus, l’inspiration est tendue et les enregistrements leur paraissent fades. Le chanteur Tim Smith préfère alors prendre le large et fonder son projet solo, Harp. Le reste du groupe doit faire sans lui et au lieu de continuer l’ouvrage entamé, les membres décident de tout recommencer à zéro. Le Seven Long Suns prévu est jeté au panier et ne verra donc jamais le jour. C’est Antiphon qui prend sa place, titre référence aux réponses chorales faites dans le gospel. Un album, quant à lui, en réponse aux détracteurs et aux ruptures de la vie. Un disque fait dans l’urgence et dont la gourmandise retrouvée a guidé joliment les nouvelles compositions.

Psychédélisme

C’est Eric Pulido, jusque-là guitariste humble et discret aux côtés de Tim Smith qui prend la place du chanteur et du leader. C’est également lui qui a insufflé l’étincelle aux autres membres du groupe en leur faisant écouter ce qu’il avait composé. Antiphon est intense, épique, marque le retour au psychédélique de Midlake avec un raffinement époustouflant. L’empreinte des années 1970, qui leur sont si chères, plane continuellement, dans des claviers typiques certes, mais également dans une manière de construire les titres et les montées, les longs développements embrasés, un fil narratif qui se déploie lentement en ne lâchant jamais les oreilles. Et au faîte de cette réussite, le titre The Old And The Young qui s’entiche en plus de tout cela d’une mélodie de refrain imparable et d’une modernité indiscutable. La morsure des guitares de Vale, plage instrumentale de mi-parcours, s’emballe puis s’aère avant de repartir dans une jolie frénésie. La beauté de Aurora Gone calme le jeu et remet un peu de brume dans l’orage. Tout comme ce Provider Reprise mis en conclusion d’album, réponse miroir du premier plus incisif placé au début.

Les pronostics ont donc échoué, et heureusement. Midlake a été et Midlake est encore. Une seconde vie pour ce groupe dont on ne sait pas bien s’il reste tout à fait le même. Mais leur son, si caractéristique, est toujours présent, et l’envie de faire un bout de chemin avec cette nouvelle formation aussi.

Marjorie Risacher

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Midlake – Antiphon

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