Mickael Bois, programmateur musical de Virgin Radio

09H40 : Mickael Bois entre dans son bureau du 26 bis rue François premier dans le huitième arrondissement de Paris. Hier, le programmateur musical de Virgin Radio a assisté au showcase de One Republic, le groupe pop rock du Colorado qui squatte le top 5 du Billboard depuis des mois.

One Republic – Counting Stars

« C’est aussi ça notre métier. Ce n’est pas seulement s’assoir derrière un écran et programmer des titres. On doit aller à beaucoup de concerts, écouter, découvrir de nouveaux artistes … la dimension artistique est vraiment très importante. »

Pour gérer la programmation d’une radio musicale en France, il ne suffit pas d’avoir des bonnes oreilles. Il faut écouter la musique, recevoir les maisons de disques qui proposent des nouveautés mais aussi être très curieux de ce qu’il se passe ailleurs. Un bon programmateur doit scruter les classements des autres pays pour anticiper les succès en France : « on regarde le Billboard et les classements anglais, plus pop, mais pas seulement. Il peut y avoir d’énormes tubes en Allemagne ou de très belles surprises ailleurs. »

SELECTOR

Charabia pour certains, sésame pour d’autres, le Selector est le logiciel de programmation de référence. Pour Mickael, programmateur musical depuis 12 ans (d’abord sur MCM puis Europe 2 devenu Virgin Radio) « Selector, c’est le cœur de la radio. » Le logiciel créé dans les années 80, et qui ressemble plus à une vieille interface de Pacman qu’à un outil hightech, n’a pas pris une ride en efficacité. Il est toujours utilisé par les radios du monde entier. Selector permet d’établir une stratégie musicale en sachant combien de fois un titre doit être diffusé selon sa puissance. « La musique, c’est 80 % de l’antenne » la prog, comme ils en parlent dans les couloirs de la radio, est donc aussi importante que le plat du jour d’un grand restaurant. Et il n’y a pas de recette infaillible.

« Chez Virgin Radio, on prend des risques et on start beaucoup de nouveaux artistes, mais on ne peut jamais être sûr à 100%. » Le dénicheur de sons se souvient du phénomène Pep’s, numéro un des ventes en France en 2009, qui a pu signer en maison de disques grâce aux ondes : « tout l’été, on a joué ce mec pas signé, que personne ne connaissait et toutes les radios ont suivi. C’est la preuve qu’il peut y avoir encore plein de jolies histoires musicales. »

Pep’s – Liberta

Programmateur musical : un métier artistique et subjectif

« Les choix peuvent toujours être critiqués. Certains titres explosent et d’autres dans lesquels on plaçait beaucoup d’espoir font des flops. Certains sons vont cartonner partout dans le monde et ne pas prendre en France. On ne peut rien prévoir. Les choix restent subjectifs, c’est une question de convictions. » Si certains titres sont des évidences, Virgin Radio s’éloigne de ses concurrentes musicales en osant. Malgré un quota imposé de 35% de titres de francophones (à toutes les radios) la station se repositionne aujourd’hui dans un format pop rock électro. Et pour Mickael, l’année 2014 sera un grand cru. Sa petite découverte : Nick Mulvey, un anglais qui a étudié la musique à Cuba. Virgin parie sur Cucurucu. Alors, marchera ou marchera pas ?

Nick Mulvey – Cucurucu

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