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Le MaMA Festival envisage l’avenir de l’industrie du disque

Diversité musicale, labels indépendants, engagement des élus… Retour sur la conférence du MaMA consacrée aux musiques actuelles.

Réunis le 16 octobre au Centre musicale FGO-Barbara de la Goutte d’Or (Paris), dans le cadre de la 4ème édition du MaMA Festival, personnalités politiques et acteurs de la filière se sont retrouvés pour discuter de l’avenir des musiques actuelles. « Dans l’industrie, la fenêtre de la diversité musicale tend à se réduire, explique Eric Petrotto, président de Cd1d, fédération qui regroupe près de 250 labels indépendants. Pour palier ce phénomène, il faut que le ministère de la Culture rééquilibre les comptes dédiés à la musique. » Député UMP et rapporteur de la loi Hadopi, Franck Riester enchaîne : « Aujourd’hui, la majorité gouvernementale doit agir. Il y a des attentes très fortes de la part des professionnels du secteur. » Des attentes concrètes (rééquilibrage des comptes globaux entre les majors et les labels indépendants, nouveaux investissement publics en faveur des labels indépendants, vraie décentralisation pour les acteurs de la filière en région, comme le relève Frédéric Vilcocq, conseiller culture, économie créative et TIC au conseil régional d’Aquitaine), pour éluder plusieurs craintes, résumées par Philippe Couderc, président de la Félin, l’une des plus importantes fédérations de labels indépendants françaises : « Les labels indépendants s’appauvrissent. Le marché des musiques enregistrées n’en finit pas de baisser, et le troisième trimestre 2013 ne devrait pas inverser cette tendance. Il faut fixer des règles. »

60 millions d’euros

De nouvelles règles proposées par les trois organisations représentées lors de cette conférence (Cd1d, Felin et syndicat des musiques actuelles – SMA). Parmi elles, une fiscalité plus adaptée pour les petits et les gros acteurs de la filière, et un encadrement dans la redistribution des fonds recueillis par les sites de streaming (Deezer, Spotify, etc.). « Il faut entrer de plein fouet dans une nouvelle fiscalité, qui prendrait plus en compte la révolution numérique que nous sommes en train de vivre », argumente Eric Petrotto, avant d’enchaîner : « Nous voyons Microsoft, Google ou Amazon surfer sur ce que peut leur rapporter la musique : il faut peut-être se rendre à la source pour aider l’industrie et les musiques actuelles. » Sur ce point, Marie-Christine Blandin, sénatrice Europe Ecologie / Les Verts, présidente de la commission culture, de l’éducation et de la communication, va plus loin. « En 2012, la France a recueilli 60 millions d’euros pour aider le monde de la presse. Mais jamais rien n’a été proposé pour la musique mais, de toute façon, ces aides ne sont pas reconductibles : ce n’est pas fiable. »

« Monde numérique »

Entre le développement du secteur numérique et les amendements à venir en faveur de la culture portée par le gouvernement (Loi Création, attendue pour l’année 2014, comme l’a confirmé lors du MaMA Frédéric Hocquard, secrétaire national à la culture au parti socialiste), Pascal Chevreau, président du SMA, tranche : « Pour nous, il y a abdication de l’Etat sur la question de la production musicale nationale. Depuis 1985, il n’y a pas eu de refonte profonde des financements en faveur de la musique en France. Si rien n’est fait de la part des gouvernants, nous ne parlerons plus de support physique d’ici 10 ou 15 ans. » Un constat alarmiste, tempéré par Franck Riester, qui conclue ainsi : « De nos jours, être patron d’un label est un sacerdoce. Il faut donc les aider en adaptant les règles au monde numérique. Pour cela, il faut tous se mettre autour de la table. »

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