JUL : « Mon but, c’est de réussir sans changer, de garder toujours la même recette ». (Vol.1)

Le rappeur marseillais s’est fait tout seul et le revendique. Avec un sens de la démesure et une frénésie de production, Jul est l’un des artistes majeurs de sa génération. Qu’on aime ou non. RIFFX l’a rencontré dans son fief marseillais, à l’aube de son immense tournée automnale qui passera par le Stade Vélodrome.

 

Moins d’un an avant le Vélodrome, un lieu important pour vous, comment vous sentez vous ?

Je commence à avoir la petite boule au ventre. Il faut que je commence le sport et que je révise mes morceaux. Tout se met en place.

 

J’ai découvert en regardant l’émission « Clique », qu’à vos débuts, vous aviez produit jusqu’à 1000 morceaux en 2 ans. C’est impressionnant !

C’est vrai ! C’était sur une plus longue période : toute ma carrière dans ma « chambre » ! (Rires). J’enchaînais pendant que mes potos partaient à la plage ou gagnaient de l’argent. Moi j’étais à la maison, je ne faisais que rapper et faire des sons. Ça me plaisait.

 

Et vous êtes toujours aussi productif aujourd’hui ?

Oui parce que j’aime ce que je fais. J’aime être devant l’ordi, faire des sons, seul. J’aime que les idées viennent de moi, ça me donne confiance en moi.

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même…

Voilà. Sur mon dernier album, j’ai décidé d’aller voir d’autres beatmakers, d’apporter du changement. J’ai mis ma patte, j’ai fait la moitié du travail et pour le reste, j’ai laissé l’opportunité aux gens qui faisaient des beats, de m’en envoyer. Je m’ouvre un peu : c’est bon pour mes sons et mes mélodies. Il y a toujours du Jul mais avec d’autres styles, différentes musiques.

 

Est-ce que vous vous dévoilez un peu plus dans cet album ?

Oui, surtout sur le son « Papa et Maman ». C’est un thème que je n’avais jamais exploré : je raconte l’histoire d’un petit qui ne veut pas que ses parents se séparent. Mes parents le sont : j’ai voulu expliquer ce que je ressens, raconter la vérité. Il y a un petit bout de moi. C’est du vécu…

 

On retrouve aussi Moubarak, le premier artiste que vous avez signé sur votre label. Quel producteur êtes-vous ?

Je le laisse gérer le côté artistique. Il a bossé des mois, comme un fou, en studio. J’ai préparé une palette d’instrus pour lui. Il a travaillé jusqu’à ce qu’à avoir les sons pour faire un bon projet.

 

Quel rapport avez-vous avec vos fans ? Il est très particulier car ce sont eux avant tous les autres. Pour vous, depuis toujours, la priorité ce sont les gens qui vous écoutent…

Oui car c’est grâce à eux que je vis ce succès. Tout ce qui m’arrive, je leur dois. C’est eux qui me font vivre. C’est grâce à eux tous les titres et les certifications. Je me dois de leur faire plaisir, de leur donner des choses en retour, comme les albums gratuits.

 

C’est important pour vous de donner un accès illimité à votre musique ?

Oui, quel que soit son budget, chacun peut aller sur YouTube et écouter ma musique. J’ai commencé dès le début à faire des albums gratuits. Quand j’ai vu que les gens me soutenaient, qu’il y avait de plus en plus de monde dans la team, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un geste. C’est comme cela qu’est né le premier album gratuit. Dans ma chambre, j’envoyais des sons gratuits tous les jours. Parfois, c’était un jour sur deux. Et aujourd’hui, j’en suis là.

 

C’est très rare. D’ailleurs, vous avez continué les sons gratuits malgré le succès.  Vous auriez pu arrêter et vous dire : maintenant je les vends…

Mon but, c’est de réussir sans changer, de garder toujours la même recette.

 

(suite de l’entretien la semaine prochaine)

 

  • « Rien 100 rien ». Album disponible.
  • En tournée dans toute la France à partir du 8 novembre.

 

Amandine Scherer

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