Godspeed you ! Black Emperor ! : Asunder, Sweet and Other Distress

Après leur retour en 2012 avec « Allelujah! Don’t Bend! Ascend! » le collectif canadien, maître du post-rock, déploie à nouveau une épique production digne du genre. Cette fois encore, quatre plages longues comme ces ennemis du format savent les faire constituent les quarante minutes de ce nouvel album. Et cette fois aussi elles sont nourries d’un seul titre promené, testé et grandi sur scène. Ce morceau portant le doux nom originel de Behemoth a d’ailleurs déjà prouvé qu’il sait dépasser l’heure et demie quand l’envie de Elfrim Menuck, Mauro Pezzente et leur bande se fait ressentir.
Ici le monstre est donc divisé en quatre chapitres, et essentiellement concentré sur la première et la dernière piste. Les deux centrales quant à elle forment le cœur de la bête en version drone, à savoir en longues durées aux sons maintenus avec peu de variations. Une attente qui nous dirige vers un final de treize minutes denses et envolées, douces et dévastatrices. Un mur aux briques ciselées pour qui sait y voir, complexes pour qui sait y entendre, savoureuses pour qui sait y goûter. À cet instant le violon de Sophie Trudeau se fait à nouveau entendre, soulignant les armées de guitares et les marbres des percussions, apportant les ponctuations et les contre-points. Jusqu’au final explosif qui retombe en pluie éparse, et s’éloigne en promettant de ne pas se taire.
Militants autant politiquement que musicalement, les membres de Godspeed You ! Black Emperor ! fabriquent des symphonies qui prennent leur temps et transforment en notes les combats et les colères. Leurs compositions paraissent parois massives, pleines de pleins et de déliés. Gravir ces montagnes-là n’est pas toujours chose aisée, mais quand on parvient à son sommet on se dit que là-haut c’est quand même drôlement beau.

Marjorie Risacher

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