Girls in Hawaii : Everest

Girls in Hawaii revient miraculeusement avec un troisième album qui atteint des sommets de beauté, où le paysage sonore s’étend à perte d’oreilles. Pourtant, Everest le bien nommé a bien failli ne jamais voir le jour, du moins on n’y croyait plus. Et pour cause : Denis Wielemans, batteur du groupe et frère de l’un des deux chanteurs, trouvait brusquement la mort dans un accident de voiture en 2010. On faisait alors doucement le deuil de l’une des plus belles formations belges, accompagnant celui bien plus profond des membres du groupe. Mais l’art a la peau dure et surgit souvent comme une nécessité, se réveille pour rappeler à la vie.

Alors évidemment l’hommage est prégnant : il y a tout au long des onze titres une empreinte de l’absence, du manque, de la disparition. Celle de Denis bien sûr, mais aussi d’autres fantômes comme celui de George Mallory, cet alpiniste aperçu pour la dernière fois en juin 1924 sur une crête de l’Everest justement, et dont on ne saura jamais s’il a atteint le sommet.

Tout le talent de Girls in Hawaii est d’avoir su faire un album mélancolique et touchant sans tomber dans le pathos lourd, sombre et impudique. Il y a dans « Everest » de la lumière et de la pugnacité, du printemps et de l’espoir. Les textures sont nombreuses et les plages se succèdent en se nourrissant tantôt d’acoustique, de claviers, d’électrique. On pense parfois à Mercury Rev ou Sparklehorse, à Nick Cave ou Grandaddy, mais peu importe ce que nous réserve en surprise le titre suivant, il nous happe dans des constructions qui évoluent parfois de minutes en secondes. Avec pour ciment ce son particulier, soigné, précis, riche d’idées et de bruitages.

Une montagne d’émotion. Une merveille de disque.

Marjorie Risacher

Découvrir :
Girls in Hawaii – England

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