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L’éditeur musical : un partenaire pour votre développement ?

Si votre projet musical commence à « décoller » et à susciter de l’intérêt, il y a fort à parier que vous croiserez sur votre route un éditeur musical. C’est le plus ancien des métiers d’accompagnement des artistes, et si son rôle a fortement évolué, il reste incontournable dans le secteur musical.

 

Comme le dit John Grisham, écrivain de polar à succès, « l’information, c’est le pouvoir ». Alors on ne le répètera jamais assez : pour être un bon entrepreneur, vous devez connaître le milieu dans lequel vous évoluez, et les métiers qui le composent. Soit parce que vous les exercerez, soit parce que vous travaillerez avec des gens qui les exercent. L’éditeur musical est le plus vieux partenaire des auteurs compositeurs, et pourtant le plus méconnu. Aujourd’hui, les carrières artistiques n’étant pas linéaires, le travail d’un éditeur est souvent fait de souplesse, d’adaptation et de personnalisation. Presque toujours du sur mesure.

 

 

L’exploitation commerciale des œuvres

 

On peut résumer simplement le métier d’éditeur musical : assumer, par tous les moyens possibles, la diffusion permanente et suivie d’une œuvre auprès du public. L’éditeur c’est en quelque sorte le « manager des œuvres », celui qui va s’assurer de leur exploitation commerciale. Il est donc en relation avec les auteurs et les compositeurs, et se rémunère sur les droits générés par une œuvre. Et pour cela, il va commencer par trouver des partenaires.

 

Si vous êtes un auteur compositeur, mais que vous n’êtes pas, ou ne souhaitez pas, être interprète, alors l’éditeur va faire ce que l’on appelle du song pluging. Il va proposer vos chansons, textes, à des chanteurs ou chanteuses qui les interpréteront, ou bien vous faire participer à des sessions d’écriture et composition avec des interprètes. C’est une activité que vous pouvez très bien exercer à côté de votre projet musical. Écrire et/ou composer pour les autres, c’est un moyen de se faire connaître, et de rencontrer d’autres pros. Les interprètes les plus connus vont souvent chercher les « nouvelles plumes » ou les « nouveaux sons » des auteurs et compositeurs émergents. Ce fut le cas pour Pascal Obispo à la fin des années 90, et c’est le cas des beatmakers electro ou hip hop depuis longtemps, comme Junior Alaprod, que tout le monde s’arrache aujourd’hui, de Damso à Koba LaD ou Soso Maness. L’éditeur peut également susciter des reprises ou des adaptations de vos créations.

 

Si vous êtes également interprète, il va chercher les autres partenaires nécessaires à votre carrière, qu’il s’agisse d’un producteur phonographique (mais en tant qu’artiste entrepreneur, vous vous autoproduisez bien sûr !) ou d’un producteur de spectacles. En clair, l’éditeur est un partenaire précieux pour vous accompagner dans votre démarche entrepreneuriale.

 

Paroles, paroles

 

Autre aspect possible du travail de l’éditeur : l’édition graphique. C’est la tâche la plus ancienne du métier, avant même la reproduction des œuvres sur des enregistrements. Il s’agit de s’assurer de la publication des partitions. On pourrait penser qu’il s’agit là d’une activité d’un autre temps… Que nenni ! Avec le numérique, l’édition graphique revient en force ! Pensez à toutes les méthodes pédagogiques, sites, applis de partitions augmentées qui foisonnent depuis quelques années. En plus d’assurer quelques revenus, c’est un moyen intéressant et original pour vous faire connaître ! Quant aux paroles de chansons, sachez qu’il s’agit d’un des types de recherches les plus populaires sur Internet, donc à même de générer du trafic web, et donc une monétisation non négligeable.

 

La synchro

 

Le placement de musique à l’image, c’est un eldorado que beaucoup d’artistes émergents aimeraient atteindre. Des carrières se sont envolées grâce à une bonne synchro : Yael Naim avec Apple, Jil is Lucky avec Kenzo… Cette exploitation commerciale des œuvres est devenue aujourd’hui un enjeu central : pour les revenus générés, mais surtout pour la visibilité apportée. Certains éditeurs en ont fait un axe prioritaire de leur travail, comme par exemple Alter K et ses nombreuses réussites dans le domaine : French 79 avec Yves Saint Laurent ou Jägermeister, Blow avec Citroën, Kid Francescoli et Chanel, Yan Wagner et Decathlon…

 

La synchro représentant un des principaux leviers de diversification des revenus musicaux, le marché est logiquement saturé. S’il est toujours possible de se faire repérer « par hasard » par une marque, les éditeurs ont les contacts directs des agences de pub et des marques, et essayent en continu de placer leurs artistes. C’est un travail chronophage et qui nécessite un carnet d’adresses conséquent. Pas évident à assurer seul pour un projet en développement. Si vous avez la possibilité de travailler avec un éditeur sur ces questions, c’est sûrement la solution la plus simple, au moins au début.

 

Découverte, développement et direction artistique

 

C’est un aspect souvent occulté du métier d’éditeur musical, dont on réduit l’activité à son volet financier. Mais c’est avant tout un découvreur et un développeur de talents. Il est souvent le premier partenaire professionnel. C’est pour cette raison qu’il peut être judicieux, si vous en avez l’opportunité, de travailler avec un éditeur lorsque vous êtes en développement. Vous gagnerez un temps considérable et bénéficierez de l’expérience de professionnels avisés. Il peut vous accompagner sur la direction artistique de vos projets, vous faire rencontrer et travailler avec d’autres musiciens et arrangeurs. En clair, vous permettre d’affiner, de positionner et de professionnaliser votre projet artistique, tout en vous conseillant sur les stratégies, les enjeux numériques, etc. C’est le travail que font des entreprises comme Baguette publishing avec Charlotte Fever, ou bien Musigamy avec So?Mash ! Ou Benjamin Paulin, ou encore Finalistes avec Dynah ou Maud Lübeck.

 

Gestion administrative et juridique

 

C’est un aspect primordial du travail de l’éditeur. Il assure la protection juridique de vos œuvres, formalise les dépôts et défend vos droits d’auteur, que ce soit face à la contrefaçon ou pour l’exercice de vos droits moraux. Ainsi, il permet la bonne gestion de vos droits. Pour faire simple, il garantit que l’argent généré soit bien remonté pour être ensuite redistribué à tous les ayants droit. C’est un travail administratif pas toujours facile à suivre pour des néophytes, qui nécessite du temps et des connaissances. Il peut d’ailleurs assure ce travail pour un autre éditeur (vous ?), on parle alors d’administration de catalogue. Il peut également être sous-éditeur de votre catalogue. Par exemple, dans d’autres pays, pour lesquels vous n’avez aucun contact ni aucun moyen de suivi.

 

Vous l’aurez compris, le travail d’un éditeur musical est multiple. Il s’agit de mettre en œuvre tous les moyens possibles et imaginables pour valoriser les œuvres. Alors, même dans une logique entrepreneuriale, c’est un partenaire à considérer avec le plus grand intérêt.

 

Maintenant que vous en savez un peu plus, nous verrons dans un prochain article les modalités de contractualisation possibles !