Brodinski : Brava

Emblématique ! Voici, avec « Brava », un album recensant tout ce qui s’est passé en musique depuis… une bonne dizaine d’années. Résumons : Les publics techno et hip-hop ont toujours eu le sentiment que leur mouvement était à l’exact opposé. D’un coté, une musique robotique, instrumentale, destinée aux Blancs alors que la seconde décrit en paroles la vie des minorités dans les ghettos. On a pourtant connu aux débuts des années 1990 avec l’arrivée de l’abstract hip-hop (ou trip-hop) un pont sincère entre ces deux publics grâce aux beatmakers (ces ingénieurs du son capables de synthétiser hip-hop et beats électroniques). Ces producteurs érudits savaient que le rap et la techno sont deux branches d’un même arbre : l’électro originelle des années 1980, celle qui doit autant à Kraftwerk qu’à Afrika Bambaataa. Le premier à voir réussi, commercialement, ce rapprochement est David Guetta et son travail avec les Black Eyed Peas. On pensera aussi au travail de défrichage effectué auparavant par le regretté DJ Medhi (producteur du combo rap 113).
Alors que David Guetta amène son background dance aux États-Unis, le Français Brodinski effectue, lui, le chemin inverse. Le compagnon de route de Yuksek est parti, avec ses influences techno du côté d’Atlanta, de Los Angeles et de Chicago, embaucher les rappeurs les plus underground. Ces collaborations ont pu voir le jour grâce à sa collaboration avec Kanye West. Le résultat est donc à l’opposé du travail de Guetta. Ici, les rappeurs posent sur des rythmes techno tordus. C’est une véritable relecture du hip-hop que nous propose le jeune Français. Tout n’est pas réussi et peut déstabiliser l’auditeur mais la prise de risque est totale.
« Brava » restera comme une pierre angulaire d’une jeune scène qui se fiche des conventions et des étiquettes. À découvrir d’urgence.

Willy Richert

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Brodinski feat. Bloody Jay – Us

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