Booba : « Futur »

À quoi sert de chroniquer un album de Booba ? Avec ou sans il sera n°1 des ventes ! Les fans mettront en avant la production (trame électro dance downtempo avec chorus en vocodeur) terriblement efficace. Ils nous diront aussi que les lyrics du Boulonnais sont aussi hardcore que les prix de ses places de concerts (difficile d’écouter un titre sans les mots « pute », « oseille » ou « baise »). Ils achèveront en érigeant le rappeur comme symbole du bad boy qui a tellement réussi qu’il vit la moitié du temps aux États-Unis. Les autres la feront à l’envers : le même beat électro de supermarché, des textes tellement faciles qu’on se demande si ce ne sont pas ses pectoraux qui écrivent ses phrases qui, mises bout à bout finissent par faire des chansons.
Pour être honnête, on préfère ici la finesse d’un Disiz ou de Kerry James à l’égo trip du millionnaire du rap. Il est pourtant difficile de ne pas lui reconnaître un vrai univers, assez unique dans l’hexagone et des punch lines tranchantes. L’auteur de Tombé pour elle clashe la concurrence régulièrement (Rohff, Sinik) et se moque du politiquement correct. Ça le rendrait presque attachant ! Donc, le « Futur » de Booba est déjà écrit. On aime où on déteste. Ce n’est déjà pas si mal pour un artiste… de ne laisser personne indifférent !
Willy Richert

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