Birdy Nam Nam sur la route des festivals

Birdy Nam Nam Interview

Comme tous les ans le festival de Bilbao a fait le plein. Plus de 105 000 personnes sur trois jours et une brassée d’artistes internationaux comme Depeche Mode, Green Day, The Hives, Vampire Weekend, Kings Of Leon, Klaxons…
Et pour la première fois, deux noms français pointaient leur nez dans cette programmation folle : Benjamin Biolay avec pour invité Carl Barât (co-leader des Libertines) et Birdy Nam Nam.

Nos quatre DJ passaient, comme souvent, en clôture de journée, attaquant leur set à deux heures du matin. Arrivés en début d’après midi avec leur tourbus et repartis aussitôt après, ils ne sont restés que quelques heures sur le site du festival. Et pendant que Crazy B., DJ Need et Little Mike se reposaient, DJ Pone a accepté de nous recevoir très simplement en loge, un verre à la main, souriant et disponible. Une belle occasion pour parler avec lui de cette folle vie estivale que connaissent souvent les artistes.

Être souvent sur la route pendant l’été, c’est un plaisir, une contrainte, les deux ?

Actuellement on n’est pas dans une tournée qui nous prend tout notre temps, malheureusement et heureusement. On ne fait « que » deux ou trois dates par semaine. Ça tue un peu les vacances parce qu’on n’a jamais une semaine pour soi, et en même temps ce n’est pas un truc de dingue. Le plus difficile a été une de nos trois tournées aux États-Unis. On était parti 20 jours et on a fait 17 concerts. Et, comme là-bas on n’est pas connu, on était juste tous les quatre avec notre ingé son. Donc on porte tout, on installe tout. C’était très difficile et on est vraiment rentrés sur les rotules. Cela ne fait pas très longtemps qu’on a un tourbus. C’est pareil, c’est rigolo au début : on joue aux jeux vidéo, on est entre potes et tout le monde trouve ça fantastique. Mais à un moment tu te rends compte que tu dors dans des couchettes qui ressemblent plus à des cercueils, qu’il y a quinze personnes à fumer des cigarettes à l’intérieur, il n’y a que des mecs, ça sent le fennec… puis tu voyages toute la nuit, tu attends toute la journée ou plus avant de jouer. Tu as vraiment le temps de tourner en rond. Mais on est aussi super content de vivre tout ça.

On gère une date de festival différemment par rapport à un concert sous son nom ?

En tête d’affiche tu joues généralement devant moins de monde et plus longtemps : quasiment deux heures dans ces cas-là, alors que sur des festivals c’est en général 70 ou 75 minutes. Personnellement, j’adore les deux. Alors, bien sûr, dans les festivals les gens ne se sont pas spécialement déplacés pour te voir mais en général ils sont curieux et ont surtout envie de faire la fête. Il faut vraiment que tu sois un groupe de hard-core-métal au milieu d’un festival de reggae pour qu’éventuellement les gens se disent « mais qu’est ce qu’il fait là ? ». Nous, on a déjà joué après Lenny Kravitz, Kanye West ou Benabar. C’est plutôt tolérant un festival ! Et puis c’est une bonne occasion de croiser les routes des autres. On retrouve beaucoup de techniciens, de chauffeurs de bus, on est très proche d’eux en fait. Puis évidemment des copains d’autres groupes.

Vous n’en profitez jamais ?

C’est très rare. Même quand on a super envie de voir un groupe, on n’a pas toujours le temps ou la possibilité d’accéder jusqu’à la scène. Puis des fois, tu as juste envie d’être au calme. Toute la journée tu es dans le bus et tu entends du bruit, tu arrives en backstages et tu entends les scènes avec le gros son des basses. Toute la journée ça tape et toi tu sais que tu joues à deux heures du matin parce que tu fermes le festival. On rêve de calme du coup. Parfois on aimerait bien être programmé à 20 heures. Cette nuit, on va terminer à 3 heures et demie, ensuite on part à 5 heures pour voyager plus de douze heures et arriver à la prochaine date de demain soir.

Vous avez souvent raconté cette date en Norvège où le public était au nombre de sept et vous tournait le dos en s’en fichant. Le mythe des publics plus ou moins difficiles selon les pays est une réalité ou c’est selon le moment plus que l’endroit ?

Nous on a pris des fours partout et on a mis des feux partout. Un jour on a joué à Tokyo, les gens étaient comme des dingues. Le lendemain on a fait Osaka et le résultat a été très mitigé. Donc cela dépend plus des moments que des pays. Et puis parfois ça vient de nous aussi. Il y a des facteurs physiques et mentaux qui font que l’on est moins dedans. Cela m’arrive de ne quasiment rien dire au micro parce que je ne le sens pas, je ne suis pas bien. Des fois je ne lève pas beaucoup la tête des platines, je suis fatigué, j’ai mal au dos… parce qu’on en parle jamais, on n’imagine pas les problèmes de dos que l’on peut avoir quand on est DJ. Je suis obligé de m’échauffer avant de monter sur scène. En rentrant d’une tournée j’ai eu des soucis ; j’ai dû faire de la rééducation, dormir sur le côté, mettre des semelles dans mes chaussures, rééquilibrer les yeux, c’était fou… Donc, si je ne m’échauffe pas au moins la nuque avant de monter sur scène je suis bloqué pendant deux jours.

Et ce quatrième album alors?

Il va ressembler un peu au deuxième et au troisième, ce sera quelque chose d’électronique. On a commencé quelques maquettes, dans le bus, justement, parce que c’est là où on a du temps, où on est ensemble. On le fait en toute décontraction. Je pense que l’on va mettre plus de voix. Après est-ce que ce sont des raps ou des chansons ? Ça, on en sait encore rien. On a envie de fédérer un peu plus, d’être peut-être plus lisibles. Tous les morceaux que l’on a jusque-là ont vraiment des mélodies fortes. Les gimmicks fonctionnent tout de suite. Et je pense que malheureusement on avait perdu ça sur certains titres, parce que trop de technique peut-être. On a écouté six esquisses dans le bus et les six sont bien, accrochent bien. J’ai l’impression que l’on refait des tracks comme on n’en faisait plus. Il y a un truc un peu plus assumé. Le quatrième album sera un peu l’occasion de faire le bilan, on est grand maintenant, on a bourlingué. Puis notre public a changé, certains nous ont lâché, d’autres pas, certains sont encore là pour nous découvrir.

Propos recueillis par Marjorie Risacher

Voir et revoir :
BIRDY NAM NAM – Defiant Order

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