Bigott : Blue Jeans

« Blue Jeans » est composé d’un patchwork incroyable aux couleurs et textures différentes et pourtant toutes les coutures en sont invisibles, comme si la musique pouvait avoir, de manière naturelle, toutes ces nuances à la fois en une seule pièce, en un seul artiste. Lui c’est Bigott, personnage haut en talent et en bonne humeur, artiste espagnol bien connu en son pays qui commence à faire parler de lui en France à travers ce sixième album.

Ce nouveau disque a été enregistré en live dans la jungle brésilienne. En témoigne d’ailleurs cette première plage d’ouverture, tout en ambiance de nature et en musique tropicale. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le ton est loin d’être donné d’emblée, et si les percussions locales vont paraître à nouveau ça et là, le reste de l’album plane dans d’autres sphères parfois folles. D’un morceau qui sonne comme un vieux Leonard Cohen au détournement clin d’œil de Gainsbourg dans un autre, d’un style sautillant et minimaliste à un autre synthétique et rapide, tout ne répond qu’à l’envie et est au service d’une évidence si naturelle. C’est lumineux, réjouissant, sacrément bien tourné, inventif et sans faute de goûts.

Sur scène, Bigott aux allures à la fois hippie et christique, démantibule ses membres comme un drôle d’animal et là encore on reste planté dans le bonheur comme rarement dans un concert indé.

La voix du gaillard est d’une capacité effarante mais ne tombe jamais dans la démonstration. Ce type-là pourrait être crooner, rocker, folkeux, tout cela à la fois, et pourtant il ne sert jamais que la musique dans un dosage juste et humble.

Un condensé de joie et de folie. Jubilatoire.

Marjorie Risacher

Découvrir :
Bigott – Find a romance

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