Avicii : True

Voilà donc l’album du phénomène dance suédois. À moins d’être parti en retraite dans un monastère au Tibet, impossible d’échapper cet été à Wake Me Up et son mélange country-dance. Deux ans après son premier gros tube, Levels, dont s’est largement inspiré par la suite le rappeur Flo Rida sur Good Feeling, True devrait ouvrir à Tim Bergling, alias Avicii, les vannes du succès.

Depuis plus de trente ans maintenant, la musique électronique a toujours balancé entre mouvements undergrounds, n’intéressant qu’une poignée de puristes et « récupération » commerciale, des mois voire des années plus tard de ces mêmes mouvements. Avicii, disons-le tout net n’est pas un artiste underground. Son album est un condensé de sons mainstreams (une pincée de swing-jazz ici, une louchette de montée acid là, sans oublier une petite touche de violons pour faire musicien, le tout sur fond de rythmes house). Rien de révolutionnaire, certes, mais pas plus pompier non plus qu’un album de Guetta. Guetta qui a remis à l’honneur la dance music des années 1990 aux États-Unis, rebaptisée désormais EDM (Electronic Dance Music). On pense aussi à Bob Sinclar et on imagine très bien la suite de la carrière d’Avicii : des DJ sets dans des stades en folie, lui un peu perdu derrière ses deux platines, des clips tournés dans les plus gros clubs du monde et des fêtes délirantes autour de piscines entourées de top models. L’industrie musicale est ainsi faite que l’on recycle à tour de bras les mêmes recettes. Pourtant à l’écoute de son album un titre interpelle : Hope There’s Someone, une reprise d’Antony and the Johnsons. Bien entendu elle n’égale pas le chef-d’œuvre, loin s’en faut, mais une question se pose : et si finalement Avicii avait bon goût et cachait son jeu ? Affaire à suivre…

J.C. Duz

Découvrir :
Avicii – You Make Me

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